CESP : un portage des associations étudiantes qui porte ses fruits

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Le Contrat d’Engagement au Service Public (CESP) est un dispositif conclu entre l’État et une étudiante ou un étudiant en santé, permettant de percevoir une allocation mensuelle de 1 200 € brut en contrepartie d’un engagement à exercer, à l’issue de son internat, dans une zone caractérisée par une offre de soins insuffisante pendant une durée équivalente à celle de perception de l’allocation.

Créé à la suite de débats parlementaires pour répondre aux difficultés d’accès aux soins dans les territoires sous-dotés, le CESP constitue une alternative aux mesures coercitives d’installation. Accessible dès la quatrième année de médecine (DFASM1) via la plateforme Profil, gérée par l’Agence de Services et de Paiement (ASP), il permet aux étudiantes et étudiants de soutenir financièrement leur formation tout en construisant un projet professionnel au service des territoires.

Depuis sa création, l’ANEMF a toujours défendu ce dispositif. Il représente à la fois une aide concrète pour les étudiantes et étudiants confrontés à des difficultés financières et une mesure incitative favorisant l’installation dans les territoires en tension, sans remettre en cause la liberté d’installation.
Une progression constante… jusqu’à cette année

Le succès du CESP s’est traduit par une augmentation continue du nombre de contrats proposés. Alors que seulement 132 contrats étaient ouverts lors de la première campagne en 2010-2011, ce chiffre a progressivement augmenté pour atteindre 622 contrats attribués en 2024-2025 pour les 2ème et 3ème cycles de médecine.
Chaque année, une enveloppe budgétaire est fixée par arrêté afin de déterminer le nombre de contrats pouvant être proposés. L’arrêté du 16 février 2026 prévoyait ainsi une forte diminution du dispositif pour la campagne 2025-2026, avec seulement 292 contrats ouverts pour les 2ème et 3ème cycles de médecine, soit une baisse de près de 38 % par rapport à l’année précédente.

Cette réduction s’est concrétisée par un premier arrêté publié le 30 juin, qui répartissait les contrats entre les universités. Celui-ci n’ouvrait finalement que 292 CESP, contre 622 l’année précédente. Une décision qui a suscité une vive incompréhension de la part des organisations représentatives des étudiantes et étudiants en santé.

Dans un contexte où les débats autour de la démographie médicale voient régulièrement ressurgir des propositions de mesures coercitives, cette diminution apparaissait en contradiction avec la volonté affichée de privilégier les dispositifs incitatifs. L’ANEMF, l’ISNI et l’ISNAR-IMG ont ainsi alerté conjointement les ministères concernés afin de dénoncer une baisse jugée incohérente avec les besoins des territoires et les demandes des étudiantes et étudiants.

Cette mobilisation a porté ses fruits.

Un nouvel arrêté, publié le 22 juillet, abroge celui du 30 juin et porte finalement le nombre de contrats ouverts à 596, un volume très proche de celui de l’année précédente.

Cette révision permet de répondre aux besoins exprimés par les facultés. Concrètement, l’ensemble des étudiantes et étudiants figurant sur les listes principales devraient désormais pouvoir bénéficier d’un CESP.

Selon les échanges entre les organisations étudiantes et les ministères, cette réduction initiale s’expliquerait notamment par l’extension du dispositif aux étudiantes et étudiants en médecine plus jeunes, mais également aux étudiantes et étudiants en maïeutique et en pharmacie, sans qu’un financement supplémentaire n’ait été anticipé dans la loi de financement de la Sécurité sociale. Des crédits complémentaires ont finalement pu être dégagés, permettant de revenir sur cette décision.

Une excellente nouvelle pour Poitiers

À l’échelle locale, cette évolution est particulièrement significative.

Le premier arrêté faisait passer le nombre de CESP ouverts à Poitiers de 16 contrats en 2024-2025 à seulement 10 contrats pour 2025-2026.

Grâce au nouvel arrêté, 20 contrats sont finalement ouverts pour cette campagne, soit une augmentation de 25 % par rapport à l’année précédente et le double de ce qui était initialement prévu.

Cette évolution constitue une excellente nouvelle pour les étudiantes et étudiants de notre faculté souhaitant s’engager dans ce dispositif. Elle témoigne également de l’importance du dialogue entre les organisations représentatives et les pouvoirs publics afin de défendre des mesures réellement efficaces pour améliorer l’accès aux soins sur l’ensemble du territoire.

Le CESP demeure aujourd’hui l’un des principaux leviers incitatifs permettant d’accompagner les futurs professionnels de santé dans leur installation en zones sous-dotées. Le maintien d’un nombre de contrats adapté aux besoins des étudiantes et étudiants comme à ceux des territoires reste donc un enjeu majeur pour les années à venir.